Le pavillon du Kazakhstan à la 61e Biennale de Venise présentera le projet « Konyr : Archives du silence ».

Le pavillon du Kazakhstan à la 61e Biennale de Venise présentera le projet « Konyr : Archives du silence ».

En 2026, sous l'égide du ministère de la Culture et de l'Information, le Kazakhstan présentera son pavillon national à la 61e Biennale d'art contemporain de Venise, qui se tiendra du 9 mai au 22 novembre.

Cette année, pour la première fois, le concept curatorial du pavillon a été sélectionné par un concours ouvert aux spécialistes kazakhstanais. À l'issue de ce concours, le Kazakhstan présentera le projet « Konyr : Archives du silence », conçu par l'artiste et commissaire d'exposition Syrlybek Bekbota. Neuf artistes participeront à l'exposition : Ardak Mukanova, Gulmaral Tattibaeva, Natalia Ligay (ADYR-ASPAN), Anar Aubakir, Asel Kadyrkhanova, Smail Bayaliyev, Nurbol Nurakhmet, Mansur Smagambetov et Oralbek Kaboke.

En écho au thème général de la Biennale Arte 2026, « En tonalités mineures », le pavillon kazakh propose le concept de « Konyr » comme cadre métaphorique. Le mot « qonyr » est fondamental dans la cosmologie kazakhe. Littéralement, il signifie « brun », mais métaphoriquement, sa signification est bien plus vaste : un registre sonore particulier, le parfum de la terre, la densité du silence, un état de silence profond où le sens naît non par la déclaration, mais par la sensation et l’écoute intérieure.

Réparti sur six salles communicantes du Musée historique naval, le pavillon kazakh propose aux visiteurs un voyage sensoriel immersif. Le bruit lointain des sabots de chevaux, diffusé dans l’espace grâce à l’installation sonore ADYR-ASPAN, imprègne les visiteurs des vibrations silencieuses de la steppe. L’exposition se déploie ensuite à travers une série d’espaces distincts mais interconnectés.

La première salle, « Aitys », présente une installation vidéo de la commissaire Syrlybek Bekboty, dédiée au concours musical et poétique traditionnel kazakh. L’œuvre révèle les aitys comme un espace de dialogue vivant et de réflexion critique, illustrant le point de rencontre entre tradition orale et expression publique. Dans la deuxième salle, l'installation « Beyimdelu Kabaty » instaure un dialogue intime entre deux artistes, Mansur Smagambetov et Oralbek Kaboke. L'un représente la génération d'artistes des années 1980, tandis que l'autre, de retour au Kazakhstan après un séjour à l'étranger, explore le contexte local et met en lumière les mécanismes d'adaptation culturelle et personnelle.

L'exposition aborde ensuite le thème de l'histoire vécue. Dans l'œuvre « As daiyndau tәsіlderi » (La vie d'un foyer soviétique), Nurbol Nurakhmet réinvente l'espace d'un intérieur domestique soviétique. Simultanément, l'installation de Mansur Smagambetov, « Balalyk shaқtyң dybysy » (La vie d'un enfant), évoque son enfance passée près du site d'essais nucléaires de Semipalatinsk.

Dans la salle suivante, la mémoire est présentée comme un document. L'œuvre « Machine » d'Asel Kadyrkhanova utilise une vieille machine à écrire et des mandats d'arrêt usés, reliés par un fil rouge. L'installation d'Anar Aubakir, « Matrice d'un nouveau sujet », métamorphose une couverture familiale transmise de génération en génération en un objet ready-made où l'artiste exprime avec précision la métaphore de la perte et la fragilité de la mémoire.

Le parcours s'achève avec « Konyr Aulie » d'Ardak Mukanova, une installation vidéo à trois canaux dédiée à un site sacré. Grâce à la technologie de numérisation LIDAR, l'artiste crée un modèle numérique d'une grotte ancienne et donne la parole aux habitants des villages voisins, qui deviennent l'élément central du récit.

Toutes les œuvres de l'exposition « Konyr : Archives du silence » composent l'espace du pavillon, invitant à ralentir et à écouter. Par le son, la matière et l'architecture même de l'exposition, celle-ci propose une réflexion sur la mémoire collective, l'histoire et le développement durable, encourageant une perception plus attentive de l'espace artistique et du monde environnant. L'exposition s'inspire de la composition instrumentale kazakhe traditionnelle du XXe siècle « Konyr », du compositeur Abiken Khasenov. La participation du Kazakhstan à l'exposition est soutenue par Samruk-Kazyna JSC.

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06.03.2026