
Le Kazakhstan est réputé pour ses talents exceptionnels, et chaque année, de plus en plus d'étoiles émergent sur la scène internationale pour représenter notre culture au monde entier. La voix n'est pas seulement un instrument pour transmettre une mélodie, mais aussi un puissant moyen d'exprimer l'identité nationale et des sentiments profonds. Sanat Asuat est l'une de ces étoiles. Sa prestation dans « The Voice of Azerbaijan » a non seulement reflété ses racines, mais a aussi offert au monde un aperçu de l'âme kazakhe. Son parcours vers le succès, le choix de son mentor et son évolution artistique sont devenus une source d'inspiration pour les jeunes Kazakhs. Nous avons rencontré Sanat Asuat pour parler de son parcours musical, de l'importance de sa langue maternelle sur la scène internationale et de la façon dont sa voix contribue à forger une identité artistique unique.
– Quand avez-vous réalisé que le chant n'était pas seulement une passion, mais votre profession et votre vocation ?
– J'ai commencé à chanter dès mon plus jeune âge. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours participé à divers concours : d'abord des concours locaux, puis des projets nationaux et internationaux. Pour moi, chaque concours était une véritable fête, source d'inspiration et d'une précieuse expérience scénique. J'ai pris plaisir à chaque étape et je ne pensais pas à l'avenir, me contentant de savourer le fait de faire ce que j'aimais et ce dans quoi j'étais douée. Cependant, à la fin du lycée, j'ai commencé à comprendre que la musique était bien plus qu'une simple passion. Avec le recul, je réalise que ce n'était pas un simple passe-temps, mais ma vocation. J'ai compris que je ne pouvais choisir aucune autre voie que la musique. J'ai parfois douté et craintif face à l'incertitude de l'avenir, mais j'ai décidé d'intégrer l'Académie des Arts, et ce fut l'une des meilleures décisions de ma vie. Aujourd'hui, je ne le regrette absolument pas.
– Qu'est-ce que l'Académie des Arts vous a apporté, et comment cela s'est-il manifesté dans le projet « La Voix de l'Azerbaïdjan » ? « Mes études à l'Académie des Arts ont non seulement développé ma créativité et ma technique professionnelle, mais aussi ma force intérieure, un atout précieux pour The Voice of Azerbaijan. Ces qualités se sont révélées inestimables face à une concurrence de haut niveau.
Mon professeur, Nagima Khabdulovna, partage son expérience et nous apprend à penser comme des artistes : comprendre pourquoi nous montons sur scène, ce que nous voulons transmettre au public et comment captiver son attention. Elle nous aide à garder notre calme et à ne pas perdre nos moyens sous pression. Ces leçons ont été les piliers de mon projet. Malgré la pression et les attentes élevées, j'ai réussi à rester moi-même, à monter sur scène avec assurance et à me concentrer pleinement sur la musique sans céder à la peur. »
Comment choisir un mentor et qu'avez-vous appris d'Eldar Gasimov ?
La veille du tournage de la première étape des auditions à l'aveugle, j'ai appris qu'Eldar Gasimov, vainqueur de l'Eurovision 2011, serait parmi les candidats. J'ai immédiatement su que je voulais intégrer son équipe. C'était une décision importante pour moi, et lorsque trois mentors m'ont contacté, je n'ai pas hésité et j'ai choisi Eldar Gasymov.
C'est un véritable professionnel, et travailler avec lui a été un honneur. Je me suis sentie soutenue à chaque étape au sein de son équipe : il était toujours présent aux répétitions, supervisant le processus et me donnant des retours précis. Un jour, pendant une répétition, il a dit : « Il est important pour un artiste d'apprécier le processus afin de transmettre ces émotions au public. » Cette pensée m'a profondément marquée, et à chaque étape, j'ai savouré davantage les moments sur scène, chanté avec passion et me suis pleinement investie dans le processus créatif.
– Qu'est-ce que vous vouliez transmettre en interprétant une chanson en kazakh sur une scène internationale, et pourquoi est-ce important pour vous ?
– Interpréter la chanson « Izin Körem » a été l'un des moments les plus mémorables et les plus précieux de ma vie. C'était un rêve de chanter dans ma langue maternelle sur une scène internationale et d'offrir à un public étranger l'opportunité de découvrir notre culture et notre musique. L'interprète de dombra pour cette performance était Adnan Amirli, un jeune musicien azerbaïdjanais talentueux de 17 ans, qui a appris à maîtriser l'instrument en autodidacte et qui se consacre activement à cet art.
Ce morceau est devenu pour moi une véritable affirmation culturelle. Je souhaitais transmettre l'esprit du peuple kazakh, la force de ses ancêtres et la beauté de la langue kazakhe. C'était pour moi une étape importante dans la transmission de notre identité culturelle unique à travers la musique.
- Comment la participation à un environnement culturel différent influence-t-elle un artiste ?
- La participation à un environnement culturel différent élargit considérablement les horizons d'un artiste. Grâce à ce projet, j'ai ressenti une progression et un développement en tant qu'interprète. Cela est devenu particulièrement évident après avoir interprété une chanson en azerbaïdjanais lors de la finale. J'ai commencé à percevoir ma voix et moi-même d'une manière nouvelle, car pendant ma participation, j'ai pu explorer diverses images et genres qui m'auraient semblé auparavant impossibles. Ma présentation et mon répertoire ont également évolué : je suis devenu plus conscient de ma manière d'aborder la chanson et d'interagir avec le public. Bien sûr, il y a eu des défis, mais à chaque étape, j'ai compris que mon identité n'était pas une limite, mais une force.
– Comment percevez-vous l'attention sur les réseaux sociaux, surtout après que vos performances ont été incluses dans des compilations internationales (Global Voice/Best of the Voice) ?
– Lorsque j'ai vu ma performance pour la première fois dans une compilation internationale, je n'en croyais pas mes yeux. D'un côté, devenir viral est une chance pour ma voix et ma culture d'être entendues par des personnes du monde entier qui ne m'auraient peut-être jamais connue autrement. De l'autre côté, c'est aussi une grande responsabilité, car il y a la pression des attentes – du public, de l'industrie, et même de moi-même. Dans ces moments-là, il est important de garder confiance en soi et de ne pas perdre de vue son objectif. Je me rappelle que ma sincérité et mon style unique m'ont valu cette reconnaissance. Au lieu de suivre les tendances, j'essaie de rester fidèle à moi-même dans mes performances et mon répertoire. Je pense que le public ressent toujours la sincérité, et c'est ce qui fait que mon travail captive autant. – Quel soutien de votre famille et de vos proches a été crucial pour vous, et quels conseils donneriez-vous aux jeunes artistes ?
– Mes réussites ne sont pas uniquement le fruit de mon travail. Derrière chaque étape se cachent la foi, le soutien et l’amour de mes parents et de toute ma famille. Tout au long du projet, ma mère a été à mes côtés, me soutenant à chaque étape. Et lors des étapes les plus cruciales, comme les huitièmes de finale, les quarts de finale et les demi-finales, presque toute ma famille était présente. Savoir qu’ils étaient là m’a donné une force et une confiance incroyables. Leur soutien m’a donné l’élan nécessaire pour aller de l’avant, et je pense que c’est grâce à cela que j’ai pu atteindre la finale. J’ai également ressenti un soutien formidable de ma ville natale, Atyrau, et de mes professeurs et amis de l’Académie.
Aux adolescents et jeunes artistes du Kazakhstan, je voudrais dire une chose : croyez en vous, n’ayez pas peur de rêver et poursuivez vos objectifs. Le talent n’a pas de limites, et surtout, les rêves deviennent réalité. Persévérez, restez ouvert d'esprit, suivez votre propre voie, et le succès viendra assurément !