Le costume national comme le reflet de la culture d'un peuple

Le costume national comme le reflet de la culture d'un peuple

Aujourd'hui, les vêtements aux coupes archaïques et aux éléments traditionnels sont principalement conservés dans les collections muséales. Le Musée national central de la République du Kazakhstan, fort d'une histoire bicentenaire, est une institution qui préserve et valorise avec soin ce riche patrimoine. Sa collection présente une grande variété de vêtements, des coiffes aux chaussures. À ce propos, nous avons discuté des différents types de costumes nationaux et de leurs caractéristiques avec Moldir Saparkhankyzy, conservateur du musée.

– Parlez-nous de l'histoire de la constitution de la collection.

– La constitution de cette collection est directement liée à la fondation du musée à Orenbourg. C'est pourquoi la collection de vêtements est traditionnellement divisée en deux périodes : celle d'Orenbourg et celle d'Almaty. Parmi les pièces les plus anciennes, collectées durant la période d'Orenbourg, figurent des objets associés au nom de Zhangir Khan. Après le déménagement du musée à Almaty, la collection a pris une orientation ethnographique importante : lors d'expéditions historiques et ethnographiques menées dans différentes régions du Kazakhstan, elle s'est enrichie d'un nombre significatif d'objets précieux. Afin de faire découvrir ce riche patrimoine à un public plus large, le Musée national central présente l'exposition « Le costume national kazakh – un patrimoine national des Kazakhs » aux résidents, aux visiteurs et aux touristes venus de près ou de loin. L'exposition permet de comprendre le costume national non seulement comme un élément de la vie quotidienne, mais aussi comme un vecteur d'un code culturel incarnant l'histoire et la vision du monde du peuple.

– Quelles sont, selon vous, les principales caractéristiques du vêtement traditionnel kazakh ?

– Le vêtement traditionnel, qui s'est développé à l'époque du nomadisme dominant et s'est conservé au fil des siècles, a gardé son identité ethnique, s'adaptant harmonieusement à l'évolution des temps. Ceci est confirmé par les découvertes archéologiques et les sources historiques écrites. Un exemple typique est la coupe dite « kebenekshe oyyp pishu » – un vêtement spécialement conçu pour garantir la liberté de mouvement, la résistance aux intempéries et une adaptabilité maximale au mode de vie nomade.

Le climat rigoureux de l'Asie centrale, les longues migrations et le lien indissociable avec l'environnement naturel ont imposé des exigences vestimentaires spécifiques. Il fallait que les vêtements soient chauds, protègent du vent et des intempéries, et offrent confort et liberté de mouvement. Ainsi, le vêtement traditionnel kazakh incarne non seulement des valeurs esthétiques, mais aussi des solutions rationnelles et fonctionnelles qui reflètent le mode de vie du peuple.

— Les coiffes occupent une place particulière dans le costume national. Pouvez-vous nous en dire plus ?

— Les coiffes sont sans aucun doute l’élément le plus visible et le plus riche symboliquement du costume kazakh. Par exemple, le « saukel » est le symbole principal de la mariée, tandis que le « kimeshek » désigne une femme mariée. Le « zhaulyk » était considéré comme un objet sacré, exprimant le respect dû à la mère. Les foulards et châles féminins variaient selon l’âge, le statut social et les particularités régionales.

Les foulards kazakhs étaient classés selon la broderie, les franges et le tissage : foulards brodés, foulards à franges, foulards bouclés et foulards épais. Les matières utilisées comprenaient la laine, la soie, le thé, le lyatte et le lin. Le « zhaulyk » (foulard) présentait également des particularités régionales : dans l’ouest du Kazakhstan, il était parfois porté par-dessus le « kimeshek » (foulard) à des fins décoratives. Les broderies rouges du « kimeshek » symbolisaient le mariage d’une femme, tandis que les broderies blanches à motif « su tartu » représentaient le veuvage.

Les coiffes masculines reflètent l’harmonie avec l’environnement naturel. Le « kalpaq » (foulard) est une coiffe légère et confortable offrant une protection solaire, tandis que le « tymaq » (foulard) assure une protection efficace contre le froid intense. Il existait différents types de « tymaq » : le « tulkі tymaq », le « pukhpaq tymaq » et le « seңseң tymaq ». Tous ces articles témoignent du savoir-faire des artisans kazakhs, de leur capacité à créer des vêtements ingénieux et fonctionnels, parfaitement adaptés au mode de vie nomade.

– Quels exemples de vêtements sont exposés ? L'exposition présente des pièces rares de vêtements des XIXe et XXe siècles, notamment le « sәukele », le « shapan » richement orné, le « kamzol » et le « kimeshek ». On notera en particulier la coiffe « zere », portée sous le « sәukele ». Tombée en désuétude à la fin du XIXe siècle, ce type de coiffe a été conservé dans les collections du musée et est aujourd'hui exposé.

Les vêtements d'extérieur kazakhs avaient une fonction à la fois pratique et sociale. Le « shapan » était un vêtement polyvalent, porté aussi bien au quotidien que lors d'occasions spéciales. L'exposition présente un « küderi shapan » de la fin du XIXe siècle : un shapan trapézoïdal masculin en feutre brun, non doublé, aux finitions intérieures soignées aux bords et aux manches. Cette pièce a rejoint les collections du musée dans les années 1930, en provenance d'Orenbourg. Que dire des vêtements traditionnels kazakhs où esthétique et fonctionnalité s'harmonisent ?

Dans le vêtement kazakh, beauté et fonctionnalité ont toujours été indissociables. Le « kamzol » et le « beshpent » en sont de parfaits exemples. Le « ton » et l'« ishik » offraient une protection efficace contre le froid, tandis que l'« ishikter », confectionné en peau animale précieuse, était un marqueur social.

L'exposition présente également différents types de « zhargak shalbar ». Un zhargaq shalbar, cousu par Zaure Ongarbayeva, originaire de la région du Kazakhstan-Méridional, mérite une attention particulière. Les côtés et les jambes sont ornés de broderies complexes sur une base de feutre : motifs sinueux, demi-cercles, représentations d'« ala kurt », fleurs à plusieurs pétales, longues tiges et boutons floraux. Les contours des motifs sont réalisés en fil brun, tandis que l'intérieur est brodé de fils multicolores. Un lacet décoratif en soie jaune passe dans une boucle de ceinture à la taille. Cette pièce a été donnée au musée par Zhaukhar Fakhrieva d'Almaty en 1951.

Parmi les autres exemples exposés figurent le « zhyrym balak », le « kuderi zhargaq », le « teri shalbar » et le zhargaq shalbar brodé, illustrant l'harmonieuse combinaison d'esthétique et de fonctionnalité dans le vêtement kazakh. Que dire des chaussures traditionnelles kazakhes ?

Les chaussures kazakhes sont le fruit du savoir-faire exceptionnel des artisans. Fabriquées par des artisans spécialement formés, elles ont conservé cet art transmis de génération en génération. « Mäsä », « saptama etäk », « pima » : tous ces modèles étaient confectionnés à partir de matériaux naturels et se distinguaient par une qualité irréprochable. Chaque type de chaussure était conçu en tenant compte de la saison, de l'âge et de la profession de son propriétaire. Ainsi, l'artisanat kazakh témoigne d'une harmonieuse alliance entre fonctionnalité et esthétique.

Quelle est la signification du vêtement traditionnel dans la société moderne ? Comme l'a souligné le président Kassym-Jomart Tokaïev, le vêtement national est une manifestation vivante et visible de la culture d'un peuple. Le vêtement traditionnel kazakh est un trésor unique, recelant une richesse d'informations historiques, culturelles et sociales. Il reflète la vision du monde, le mode de vie, les préférences esthétiques, les différences d'âge et sociales, ainsi que les spécificités régionales du peuple. Par conséquent, la préservation, l'étude et la renaissance du costume national demeurent une mission essentielle pour chaque génération.


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06.04.2026